UN VOYAGE DE VIE ET DE MORT EN 20 MINUTES
COMMENT LE DIRECTEUR D'ÉCOLE AU NÉPAL A-T-IL SAUVÉ 1 600 VIES AU DERNIER INSTANT ?
Le 26 août 2026 restera à jamais gravé dans l'histoire de l'éducation mondiale comme une journée miraculeuse, un miracle né de la détermination, du courage et d'un amour infini.
Une crue éclair dévastatrice, avec des vents atteignant près de 300 km/h, a frappé le nord du Népal à la suite d'un glissement de terrain sur un flanc de montagne près de la frontière. Plus de 600 personnes ont péri, près de 3 000 sont portées disparues et de nombreux villages ont été entièrement rasés. Pourtant, à l'école secondaire Tribhuvan Trishuli (district de Nuwakot), les 1 643 élèves et enseignants ont miraculeusement échappé à la catastrophe grâce à une décision cruciale prise en une fraction de seconde par le directeur, Rajendra Dawadi.
L'appel de 9 h 20 : une sonnerie d'alarme en amont. Le matin du 26 août, l'école secondaire Tribhuvan Trishuli résonnait encore des bruits des cours. Environ 900 élèves assistaient aux cours du matin, tandis que plus de 700 autres, élèves et enseignants, se rendaient à l'école en autobus ou à pied pour le cours suivant.
À 9 h 20 pile, le téléphone du directeur, Rajendra Dawadi, sonna. À l'autre bout du fil, un ami habitant en amont, à plusieurs dizaines de kilomètres de là, la voix paniquée et déchirée par le grondement des rochers et des débris : « L'inondation est terrible ! Mon village a été emporté ! Cours, Dawadi ! Dis aux enfants de courir tout de suite ! » La communication a été coupée. Par la fenêtre, il ne pleuvait pas et la rivière Trishuli, qui longeait l'école, coulait calmement. L'établissement, construit en béton massif sur un terrain surélevé, était en théorie extrêmement sûr.
Une décision difficile à prendre : « Mieux vaut manquer un cours que de jouer avec des vies. Une personne plus rigide, comme M. Dawadi, aurait peut-être attendu une annonce officielle ou serait sortie pour observer la situation. Mais l'instinct d'un prof l'empêchait d'hésiter. Il savait que dans les montagnes du Népal, les crues soudaines causées par les glaciers (GLOF) se déplacent à la vitesse d'un avion à réaction. Une minute de retard, c'était jouer avec la vie de milliers d'enfants. M. Dawadi s'est immédiatement précipité dans le corridor et a actionné manuellement l'alarme d'urgence – une alarme jamais entendue auparavant dans l'histoire de l'école.
L'enseignant a crié dans le haut-parleur : « Écoutez tous ! Laissez vos sacs d'école, vos livres et vos boîtes à lunch ! N'emportez rien ! Courez vers la côte derrière l'école ! Courez !» Les profs ont tout de suite compris que leur vie était en danger. Ils ont fait sortir les élèves des classes. Les plus grands se tenaient la main, des cris résonnaient, mais la foule continuait de se précipiter vers la colline, vers le vieux figuier des pagodes – l'endroit le plus sûr à ce moment-là.
L'appel qui a sauvé l'autobus : Alors que les élèves évacuaient l'école, M. Dawadi s'est soudain souvenu des centaines d'autres élèves qui se rendaient à l'école. Les mains tremblantes mais l'esprit étonnamment clair, il a sorti son téléphone et a appelé à plusieurs reprises les chauffeurs d'autobus scolaire. « Faites demi-tour tout de suite ! N'allez pas à l'école ! La crue s'en vient ! » hurla-t-il au téléphone.
Le dernier autobus, transportant plus de 40 élèves, venait d'atteindre le début du pont métallique enjambant la rivière Trishuli lorsque l'enseignant appela. Le chauffeur a freiné brusquement, a fait marche arrière et a fait demi-tour, au grand étonnement des enfants.
Seulement dix secondes après la marche arrière de l'autobus, un fracas assourdissant retentit. Le grand pont métallique a été emporté par un mur d'eau et de rochers, englouti par le courant trouble. Si M. Dawadi avait appelé dix secondes plus tard, l'autobus aurait plongé dans les eaux déchaînées de la rivière.
À 9 h 40 précises, seulement 20 minutes après l'alerte, le drame s'est produit. Du sommet de la montagne, un torrent monstrueux de boue, de rochers et de glace, haut de plusieurs dizaines de mètres, s'est abattu sur la vallée. Debout sur la colline, M. Dawadi et plus de 1 600 élèves et enseignants ne pouvaient que s'enlacer, pleurant à chaudes larmes en voyant l'école, pourtant solide, être complètement détruite et emportée en quelques secondes. Il ne restait plus qu'un désert de boue. Les 1 643 élèves étaient sains et saufs, mais la tragédie a tout de même plongé l'école dans le deuil, car deux membres du personnel ont péri : M. Santos Pariyar, 32 ans, professeur d'histoire-géographie, était retourné dans sa salle de classe au bord de la rivière pour préparer le petit-déjeuner avant sa prise de cours et a été emporté par les flots avant de pouvoir s'échapper.
M. Sultan Lama, agent de sécurité et concierge, est resté sur les lieux pour verrouiller les portes des salles de classe afin de protéger les biens de l'école. Il a été emporté par les inondations avec l'école à laquelle il avait consacré sa vie.
L'enseignant Rajendra Dawadi est aujourd'hui salué comme un héros par les médias internationaux et le peuple népalais. Lors d'une entrevue, le professeur âgé, essuyant humblement ses larmes, a dit : « Je ne suis pas un héros. J'ai tout simplement fait ce que n'importe quel père ferait face au danger qui menace son enfant. Je regrette seulement de ne pas avoir pu sauver Santos et Sultan… »
L'histoire de l'enseignant Dawadi prouve qu'en cas de catastrophe naturelle, la détermination, l'instinct de survie et la priorité accordée à la vie humaine plutôt qu'aux biens matériels sont les clés du miracle. L'école peut être reconstruite, les livres peuvent être…
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